» La seconde
république, une divine surprise
Par Bartolomé
Bennassar
Le deuxième tour des élections
municipales d’avril 1931, donnent les listes républicaines
victorieuses dans 41 capitales de province sur 50. Alphonse
XIII quitte le pays. Pourtant au dépouillement final
on s’aperçoit que les monarchistes gardent
une légère majorité.
Douze avril 1931 : dans toute l’Espagne
c’est le deuxième tour des élections
municipales. Depuis la fin de la Dictature de Miguel Primo
de Rivera (janvier 1930), et après l’échec
du gouvernement du général Berenguer qui ne
dure que quelques mois, se développe un puissant
courant favorable à l’établissement
d’une République aux dépens de la monarchie
bourbonienne. Les partisans de la République réunis
en août 1930 ont conclu le « Pacte de Saint
Sébastien »: et dans le comité qui a
élaboré ce pacte figurent, à côté
d’hommes politiques acquis depuis longtemps à
la cause de la République, des syndicalistes de l’U.G.T,
de représentants du Parti Socialiste (PSOE), et même
d’autonomistes catalans, des personnalités
conservatrices, ce qui témoigne du discrédit
de la monarchie ; ainsi, Miguel Maura, Niceto Alcala Zamora.
Ce dernier croit d’ailleurs, non sans quelque naïveté,
que la République sera conservatrice. L’armée
elle-même est concernée et une Alliance Militaire
Républicaine se crée. Un putsch déclenché
par de jeunes officiers trop pressés, les capitaines
Garcia et Galan, échoue à Jaca , en Aragon,
le 12 décembre 1930. Les deux officiers ont été
fusillés.
Un peu plus tard, en janvier 1931, plusieurs intellectuels,
sous l’égide du philosophe Ortega y Gasset,
signent un manifeste favorable à l’établissement
d’une République. Les anarchistes eux-mêmes
se disent prêts à dialoguer avec les Républicains.
Face à cette situation inquiétante pour le
pouvoir, le nouveau chef du gouvernement, l’amiral
Aznar, pense que le renouvellement des conseils municipaux
est de nature à dépassionner le débat
et il décide donc de procéder à des
élections municipales à 2 tours fixées
aux 5 et 12 avril 1931. Les Républicains ont alors
l’idée de faire de ce scrutin un tremplin pour
les élections législatives qui suivront et
composent des listes formées par des partisans déclarés
de la République.
