» Derrière Chávez, un continent en effervescence
Par Daniel Matias
Les médias
ont abondamment relayé la réaction du roi d’Espagne
face à la légitime, bien qu’excessive,
attaque du président vénézuélien
contre José María Aznar. L’ancien Premier
ministre espagnol avait avalisé le coup d’État
contre Hugo Chávez en 2002. Peu de commentaires par
contre sur la fin d’une époque : les Latino-américains
en ont assez des leçons de démocratie assenées
par des Européens loin d’être irréprochables
en la matière.
La conférence des
pays ibéro américains de Santiago du Chili s’est
conclue le 10 novembre sur une provocation d’Hugo Chávez,
président du Venezuela. Au milieu de 21 autres chefs
d’État, ce dernier déclara, à trois
reprises et devant les caméras, que l’ancien
Premier ministre espagnol José María Aznar était
« fasciste et raciste ». Chávez s’appuyait
pour cela sur ce qu’Aznar lui avait dit à l’occasion
d’un entretien, pour l’inviter à rompre
avec Castro, à intégrer le Venezuela au front
des pays modérés, et à se désintéresser
de la situation des pays en grande difficulté (Haïti,
Afrique, etc.) en ces termes : « Il n’y a rien
à faire, ils sont foutus ». Chávez a également
rappelé qu’Aznar s’était empressé
de reconnaître l’éphémère
gouvernement issu du coup d’État qui l’avait
brièvement écarté du pouvoir en 2002.
À l’approche des élections du printemps
prochain, Zapatero ne pouvait rester muet, et a appelé
Chávez à respecter les bonnes manières
démocratiques, le principal intéressé,
Aznar, n’étant pas présent et ne pouvant
répliquer. Chávez l’a interrompu, réitérant
ses accusations d’ingérence, et c’est alors
que le roi Juan Carlos, ne pouvant se contenir davantage,
a invité Chávez à se taire, souverainement
agacé par une telle logorrhée.