» Une monarchie
secouée
Par Delphine Fabius
Depuis la fin du
franquisme, la monarchie, gage de stabilité et d’unité
du pays, a vécu une période plutôt «
paisible ». Néanmoins, Juan Carlos a dû
faire face ces derniers temps aux assauts d’une contestation
hétéroclite. Pour la première fois, l’élu
de Franco s’est vu dans l’obligation d’intervenir
publiquement pour défendre la figure du roi.
20 juillet 2007 - Sur ordre
du juge, la revue satirique espagnole El Jueves est retirée
de la vente, pour délit d’injure à la
couronne. Son crime : la publication en première page
d’une caricature du prince Felipe et de la princesse
Letizia en pleins ébats amoureux, dans une position
plutôt éloquente. Le journal espagnol voulait
ainsi critiquer une mesure du gouvernement Zapatero, qui prévoit
de donner 2 500 euros aux familles pour chaque nouvelle naissance,
et ce sans tenir compte du niveau de revenu. L’affaire
fait grand bruit et la presse parle de censure. 13 septembre
2007 – A l’occasion d’une visite de Juan
Carlos en Catalogne, des indépendantistes brûlent
des photos du roi devant les caméras. L’incident
se répète dans plusieurs villes d’Espagne.
Les deux affaires ébranlent l’institution monarchique
et cela ne s’arrête pas là. Tandis que
les esprits s’animent dans les médias et sur
le terrain politique, la surenchère étant de
mise notamment du côté de l’opposition
conservatrice de droite, surgit une troisième secousse.
Elle vient cette fois d’une radio d’obédience
catholique, la Cope, et plus particulièrement de Federico
Jiménez Losantos. Personnage polémique, le journaliste,
en direct dans son émission, profite des circonstances
pour demander au roi d’abdiquer en faveur de son fils.