» Mortadelo y filemon ont 50 ans
par Daniel Matias
Le duo le plus célèbre de la bande dessinée espagnole fête cette année un demi-siècle d'existence. A 71 ans, Francisco Ibanez est infatigable et n'en finit pas de donner vie aux pires agents du pays.
En 1957, à Barcelone, un jeune de 21 ans du nom de Francisco Ibáñez décide que son destin n’est pas de rester au service comptabilité de la banque où il travaille. Il choisit de prendre le risque de gagner sa vie en faisant ce qu’il aime le plus : dessiner. Il parvient rapidement à intégrer l’Editorial Bruguera, à l’époque la plus grande maison d’édition de bandes dessinées d’Espagne. Un an plus tard, c’est déjà la consécration : Ibáñez obtient le droit d’avoir une page pour lui tout seul et d’en faire ce qu’il veut… À la condition de ne rien dessiner de politique ou d’érotique, sous peine de subir la censure du régime franquiste. Le Barcelonais, grand admirateur du cinéma comique étasunien (Chaplin, Lloyd, Laurel & Hardy, Abbot & Costello) et des histoires de Sherlock Holmes, sort alors de son crayon le duo Mortadelo y Filemón (1). Une parodie absurde à la sauce burlesque des aventures du détective de Conan Doyle. Publiée en noir et blanc pour la première fois dans la revue Pulgarcito (Tom Pouce en espagnol) le 20 janvier 1958, l’histoire s’appelle Mortadelo y Filemón, agencia de información. Elle raconte les aventures de deux agents de l’organisation secrète T.I.A. (Técnicos de Investigación Aeroterráquea) qui sont des désastres ambulants et des détectives d’une incroyable inefficacité.