» Andrés Jímenez Martínez, le parcours exemplaire d’un militant pour la liberté.
par Claire Dalzin et Alain Pozo
Le coup d’État militaire de 1936 avait mis les uns et les autres face à leurs responsabilités et à leur conscience. Andrés Jímenez Martínez est l’un de ces Espagnols qui ont pris les armes pour résister à l’oppression dans leur propre pays, puis pour combattre contre le nazisme avec les Forces françaises libres. Le parcours d’un homme, modeste et exemplaire, qui a mis la main au grand livre de l’Histoire.
C’est sous un ciel gris que les troupes défilent devant le monument aux morts de Toulouse, ce 8 mai 2007. Dans la tribune des « officiels », un vieux monsieur, entouré de sa famille et de ses amis, savoure pourtant ce moment. Dans quelques minutes, il ira, petite silhouette perdue derrière les soldats, prendre place dans les rangs de ceux que la France honore à cette occasion. Là, droit comme un i malgré ses 89 ans, il attendra patiemment que s’approche l’officier chargé de lui remettre la médaille militaire, tandis que résonnera dans les hauts-parleurs l’histoire de son engagement pendant la Seconde Guerre mondiale : « Le légionnaire de troisième classe Andrés Jímenez s’engage en 1940 en Afrique du Nord. En 1944, il prend part à la campagne d’Italie… »
« C’est ça qui me manquait », dira simplement Andrés à l’issue de la cérémonie. Et pourtant, ce que cette reconnaissance tardive de l’État français ignore, ce sont les trois années qui précèdent, passées à combattre dans les rangs républicains pendant la guerre d’Espagne. Car Andrés, Toulousain d’adoption, est l’un des derniers acteurs encore en vie de cette guerre appelée abusivement « civile » qui constitua en fait les prémices de la Seconde Guerre mondiale et dont l’issue, pour des centaines de milliers de républicains, signifia l’exil en France, notamment dans la région toulousaine.