Raices : revue d'actualité, culture et langue espagnoles

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Daniel Matias

» DESSEINS ARGENTINS

Par Daniel Matias

C’est l’hiver. RAÍCES vous emmène à travers l’océan et les fuseaux horaires, et prend les saisons à rebours. De cet été européen, emportons avec nous la liesse d’une Espagne qui jubile avec ses champions, et offrons-nous une escapade dans l’autre hémisphère, en Argentine.
Nous tenterons de vous donner ici, à travers différents regards, un aperçu de ce pays tel qu’il est aujourd’hui. En commençant bien sûr par célébrer Buenos Aires, avec pour passeur culturel Josefina Trebucq (p.10), qui nous accompagne au fil de ses quartiers, et pour guide de la cité rebelle l’essayiste Naomi Klein, qui dresse un panorama de l’incroyable ébullition sociale de la capitale et du pays, où il y a plus que jamais des comptes à régler (p.16). Récemment, la présidente Cristina Kirchner a envisagé de faire rentrer des devises dans les caisses de l’État en taxant plus fortement les exportations agricoles, mais le lobby du soja (36 % des exportations) a gagné le bras de fer. L’Argentine ne cesse de se créer, entre tensions et unité.
Si dans ses rues résonnent encore les échos des cacerolazos, le tango n’est jamais loin. Il prend aujourd’hui son envol avec Gabriel Zoccola, qui nous en donne sa vision dans un remarquable entretien (p.21). Sans pour autant oublier l’héritage de Carlos Gardel, dont Gustavo Clariá a suivi les traces, de l’Argentine à la France, en passant par l’Uruguay
. Musique, danse, poésie... L’Argentine fleurit dans tous les arts, jusqu’au neuvième d’entre eux, la bande dessinée. Vous pourrez profiter de l’humour de la redoutable Maïtena en version originale argentine. Un petit cadeau de RAÍCES.
L’Argentine d’aujourd’hui, c’est aussi la profusion de « saints païens » dont la cote est en hausse ces dernières années. Découvrez ce phénomène avec un parcours étonnant dans la foi populaire du pays (p.24).
Plus au nord sur le continent, l’écrivain James Cañon souligne avec acuité le destin de la femme colombienne dans une guerre sans nom. Si vous ne deviez lire qu’un livre cet été, plongez-vous Dans la ville des veuves intrépides, en ayant à l’esprit le mot d’un des pères de l’indépendance argentine, José de San Martín: « la biblioteca destinada a la educación universal es más poderosa que nuestros ejércitos.»

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