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Daniel Matias

» La mise à mort des corridas ?

Par Daniel Matias

Longtemps considérée comme un symbole de l’Espagne, la culture taurine semble aujourd’hui de plus en plus contestée. En 1989, Tossa de Mar, en Catalogne, s’est déclarée ville anti-corrida. Depuis, plusieurs villes, dont Barcelone, ont suivi son exemple.

Hemingway, García Lorca, Picasso étaient pour, Victor Hugo, Delacroix ou encore l’acteur et écrivain espagnol José Luis de Villalonga se prononçaient contre... La corrida de taureaux – la Fiesta, comme on l’appelle en Espagne – a toujours fasciné et divisé par-delà les convictions politiques. Le retour de la démocratie en Espagne a permis à ses opposants de retrouver de la voix après la période de grâce dont elle bénéficiait sous le régime franquiste. Ces dernières années, de nombreuses associations de défense des animaux ont lancé les initiatives les plus diverses pour y mettre fin. La plus efficace, et la plus retentissante, a surgi d’une petite bourgade de la province de Gérone qui, en se déclarant « ciudad antitaurina » – ville anti-corrida – a ouvert une brèche dans le monde de la tauromachie. Aujourd’hui, une quarantaine de villes espagnoles ont pris le taureau par les cornes en défiant les toreros sur leurs terres.
À Tossa de Mar, la décision historique de 1989 fut le fruit d’une confusion politique exploitée par les anti-corrida. Cette année-là, la ville connaît un climat de contestation contre une partie de la classe politique régionale qui souhaite promouvoir la corrida à des fins touristiques. Pilar Taberner, militante locale du parti écologiste espagnol (Los Verdes) propose au maire de la ville de déclarer celle-ci ciudad antitaurina. En 1988, la militante écologiste avait participé à un congrès international à Gijón où l’on tentait de trouver des moyens de combattre la tauromachie; l’idée de solliciter les maires espagnols fut l’un de ces moyens. L’édile catalan accepte. Une décision saluée par des milliers de lettres du monde entier. La modeste cité balnéaire devient un symbole et lance les bases du développement du concept de villes anti-corrida. Son principe ? La commune vote une déclaration, à la fois éthique et politique, par laquelle elle s’engage à ne soutenir d’aucune façon la réalisation de manifestations tauromachiques sur son territoire et où elle affirme son opposition à la corrida et son engagement en faveur des droits des animaux. Certaines municipalités à tradition tauromachique vont jusqu’à sensibiliser les touristes à ce combat.








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