»Des sportifs hors du jeu fiscal
de F. Javier Aguayo
Transférer sa résidence dans un paradis fiscal est devenu chose banale chez les sportifs d'élite. En étant parfois à la limite de la légalité, et dans une position éthiquement douteuse. Des voix se sont élevées pour dénoncer cette pratique.
On les appelle les « sportifs off-shore ». Personne mieux qu’eux ne sait maximiser les bénéfices d’une carrière courte mais économiquement intense. Ce sont ces professionnels du sport qui ont décidé de déplacer leur résidence hors des frontières de l’État espagnol afin de réduire leur « pression fiscale ».
« Il s’agit d’une situation généralisée dans certains sports profesionnels », affirme Francisco de la Torre, porte-parole de l’Organisation Professionnelle des Inspecteurs des Impôts (inspectores de hacienda – IHE), un collectif de fonctionnaires qui a présenté en 2007 le rapport « Fraude, Corrupción y Blanqueo de Capitales en España », qui attirait l’attention sur cette pratique, de plus en plus répandue. Ces sportifs professionnels à la carrière très brève (15 ans au maximum) essaient d’en tirer un maximum de profit économique. « La vie du sportif d’élite est courte, mais intense du point de vue des revenus. De ce fait, ce petit monde s’est transformé en un marché ouvert aux intérêts mercantiles et spéculatifs », affirme Joan Herrera, député de Iniciativa per Catalunya (IC), dont le groupe parlementaire a présenté une proposition à caractère non législatif en septembre dernier, une invitation à élaborer un plan de vérification des revenus des sportifs ayant une résidence dans les paradis fiscaux.