Raices : revue d'actualité, culture et langue espagnoles

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Daniel Matias

»Barcelone insolite et secrète

avec la collaboration des Editions onglez
La Sagrada Familia, las Ramblas, Montjuic… Lieux emblématiques de la ville, ils n’en offrent cependant qu’une vision fragmentée. Pour découvrir l’autre Barcelone, celle qui reste généralement inconnue aux visiteurs de passage, le temps est votre meilleur allié. Prenez donc le temps de répondre à l’appel de la Barcelone insolite et secrète...

Un restaurant édifié sur le modèle du Temple de Salomon
Les symboles maçonniques du restaurant 7 Portes

Passeig Isabel II, 14
Métro : Barceloneta
Tél. : 93 319 3033
Tous les jours de 13h à 1h du matin.
Prix approximatif par personne : 30-50 €

Restaurant emblématique de Barcelone, le restaurant 7 Portes cache au grand public qui le fréquente de nombreux secrets et anecdotes. L’édifice est censé ainsi avoir été construit sur le modèle du Temple de Salomon et est, avec le restaurant situé au rez-de-chaussée, un concentré de symboles maçonniques.

 

Les signes du zodiaque gravés sur les colonnes ainsi que le symbole triangulaire classique de l’assemblée de francs-maçons ne laissent ainsi pas planer beaucoup de doutes. En levant les yeux, il est également possible de voir sur la corniche l’image de Saturne-Chronos, dieu du temps et seigneur du chaos et sur chacune des portes d’entrée le nom du lieu écrit dans différents alphabets. La raison de cette symbologie est que le restaurant, inauguré en 1836, fut pendant de nombreuses années le lieu de rencontre des fraternités secrètes de l’époque. L’intérieur est tout aussi particulier et le sol est revêtu du carrelage à damiers caractéristique des loges maçonniques (le pavé mosaïque). Un autre élément de la décoration est lié à la maçonnerie : une branche d’acacia, arbre sacré des francs-maçons.

 

Entre autres anecdotes historiques, précisons que le bâtiment fut le premier de la ville à disposer de l’eau courante et que sa façade fit l’objet de la première photographie réalisée en Espagne. Le restaurant occupe en effet le rez-de-chaussée de l’une des constructions les plus mémorables de la décennie de 1830 : los Porxos d’en Xifré. Le père de l’édifice fut Josep Xifré y Cases (1777-1856), un indiano (Espagnol parti en Amérique, puis revenu après avoir fait fortune) qui devint riche à Cuba grâce à l’exportation du sucre produit par les esclaves vers les États-Unis. Xifré voyagea par la suite à New York, où il fit fructifier son argent. En 1831, de retour à Barcelone, il investit ses bénéfices dans la finance et les biens immobiliers. Le bâtiment et les portails qui entourent le restaurant, et qui, d’une certaine manière, rendent hommage à la vie de leur auteur, furent dessinés par Josep Buixareu et Francesc Vila. Le fronton porte l’inscription sui-

 

vante : « Uranus observe les mouvements du ciel et les étoiles ». Il est également orné de médaillons avec les portraits des explorateurs et conquistadores que Xifré tenta d’imiter : Colomb, Pizarro, Magellan, Cortés. Entre les arcs, quelques trophées sculptés rappellent les « réussites » du Nouveau Monde : une corne d’abondance débordant de pièces d’or, une ancre avec des livres de comptabilité et une tête d’esclave.
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