Petite sélection mexicaine
propos recueillis par Carlos Paz Herrera et Daniel Matias
au Salon du Livre de Paris et à Toulouse
Voici une sélection, forcément partielle, des nombreux ouvrages publiés à l’occasion du Salon du Livre.
Carlos Fuentes
Le bonheur des familles
Traduit par Aline Schulman et Céline Zins
Gallimard – 468 p. – 22,50 €

Les gens heureux n’ont pas d’histoire, c’est bien connu. Mais les familles heureuses ? Tout au long de ces seize récits qui sondent les différentes couches de la société mexicaine, l’exploration des relations familiales dans leur intimité la mieux gardée fait voler en éclats idées reçues et principes. À travers des situations qui mettent en jeu aussi bien le rapport du Président avec son fils que celui d’une femme avec l’assassin de sa fille, Carlos Fuentes démontre une fois de plus sa capacité à créer des personnages dont les élans, les petitesses, les vices nous interpellent autant qu’ils nous fascinent. Une véritable « Comédie humaine ».
Jaime Alfonso Sandoval
Oasis dans le Pacifique
Traduit par Aleksandar Grujicic
Éditions Thierry Magnier – 288 p. – 11 €

Les aventures d’une famille pas ordinaire dans la banlieue de Mexico. Le père déniche le bon plan : un homme d’affaires philanthrope propose d’emmener la famille, et d’autres, coloniser une île merveilleuse, pour créer une société nouvelle, écologique et égalitaire. Sur place, ils trouvent un immense tas d’ordures compactées, fermentant et dérivantes. Un regard sur une catastrophe ordinaire qui pousse les gens à adopter des solutions bancales, à s’accrocher à tout ce qui passe (religions, idéologies, personnages charismatiques). Jaime Adolfo Sandoval a obtenu plusieurs prix nationaux et internationaux pour ses ouvrages de littérature jeunesse.
Juan Villoro
Mariachi
Traduit par Juliette Ponce
Denoël – 154 p. – 14 €

Au fil de confessions à l’ironie mordante, dix hommes déclinent les mille et une manœuvres auxquelles ils se livrent pour tenter d’échapper aux abîmes de solitude où les ont plongés les petites et grandes trahisons de l’existence. Réjouissante variation sur le thème de nos petites bassesses ordinaires, cette fresque déjantée de la mauvaise conscience est aussi et surtout un hommage doux-amer à tout ce que le Mexique contemporain peut receler de rocambolesque et d’inquiétant.
Álvaro Uribe
Dossier de l’attentat
Traduit par Marie Córdoba
Verdier – 192 p. – 15.50 €

Lors du défilé du Jour de l’Indépendance, ce 16 septembre 1897, un homme a tenté d’assassiner Porfirio Díaz, le caudillo au pouvoir depuis plus de vingt ans, et qui le restera jusqu’à son exil en 1911. Qui a voulu le tuer : un fou, un ivrogne, un anarchiste ? Le saura-t-on jamais, puisque l’agresseur est mort lynché dans les locaux de la police. D’ailleurs, a-t-on vraiment voulu assassiner le président ou s’agit-il d’une manipulation qui a échappé à ses propres instigateurs ? Cette chronique inspirée d’un événement réel évoque aussi clairement le Mexique au présent : l’enchevêtrement des réseaux de pouvoir, le rôle de la presse, l’action de la police et le poids de la raison d’État.
Brian M. Hamnett
Histoire du Mexique
Perrin – 384 p. – 22.50 €

Les gens heureux n’ont pas d’histoire, c’est bien connu. Mais les familles heureuses ? Tout au long de ces seize récits qui sondent les différentes couches de la société mexicaine, l’exploration des relations familiales dans leur intimité la mieux gardée fait voler en éclats idées reçues et principes. À travers des situations qui mettent en jeu aussi bien le rapport du Président avec son fils que celui d’une femme avec l’assassin de sa fille, Carlos Fuentes démontre une fois de plus sa capacité à créer des personnages dont les élans, les petitesses, les vices nous interpellent autant qu’ils nous fascinent. Une véritable « Comédie humaine ».
Inés Arredondo
Les Miroirs Anthologie de nouvelles
Préface de Eloy Urroz
Traduit par Marianne Millon
Les Fondeurs de Briques – 224 p. – 19,50 €

Pour la première fois en français, une anthologie des meilleures nouvelles d’un écrivain mexicain majeur du XXe siècle. 14 nouvelles parmi les 34 textes qu’Inés Arredondo (1928-1989) a publiés dans trois recueils (La señal, 1965 ; Río subterráneo, 1979 ; Los Espejos, 1988). L’auteur est, à l’égal de Juan Rulfo, l’une des plus remarquables nouvellistes mexicaines, issue de la « génération du demi-siècle » (Juan García Ponce, Sergio Pitol…) qui permit au Mexique de s’ouvrir sur l’étranger alors que la littérature nationaliste était encore toute-puissante. Elle aborda des thèmes que ne traitait pas la littérature mexicaine d’alors, comme l’inceste, l’homosexualité, la trahison, la démence, le triangle amoureux (Le Coing), la rancœur entre parents et enfants, l’hypocrisie sociale, le sacrifice (La Sunamite). Les rares instants de bonheur ou de plaisir que peuvent vivre les personnages se paient par la conscience du prix à payer, le poids du destin. À travers les méandres de son style naît chez le lecteur un doux malaise…
Carlos Fuentes, Sergio Pitol, Alejandro Rossi
Escritores mexicanos / Écrivains mexicains
Traduit par Jean-Claude Andro, Albert Bensoussan et Serge Mestre
Folio bilingue – 165 p. – 7 €

Une belle initative dans la collection Folio-bilingue : une sélection de textes de trois grands auteurs mexicains, en version originale sur la page de gauche, en français sur la page de droite. Un excellent support pour travailler son espagnol.
Si l’on doit à Fuentes d’avoir créé l’écrivain professionnel au Mexique, après Pitol la tradition romanesque est devenue une discipline quotidienne pour une nouvelle génération d’écrivains, par dissidence plus que par orthodoxie. Philosophe et auteur d’un classique de l’essai en langue espagnole, Rossi incarne un tout autre genre d’écrivain et de cosmopolitisme, au sens que Paz lui a prêté : « fruit humain d’une civilisation ».