Antonio Téllez Sola
Le réseau d’évasion du groupe Ponzán
Anarchistes dans la guerre secrète contre le franquisme et le nazisme (1936-1944)
Éditions Le Coquelicot - 405 p. - 22 euros

Antonio Téllez retrace ici l’histoire de Francisco Ponzán Vidal, figure historique anarchiste contre le nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale. Ponzán faisait partie du service de renseignement de la CNT durant la guerre civile espagnole. Sa mission consistait à franchir les lignes ennemies afin d’espionner et d’exfiltrer les compagnons bloqués dans la zone natio-naliste. Une fois en exil, Ponzán et une partie de ses compagnons organisèrent le réseau d’évasion à travers les Pyrénées, le plus important de la Seconde Guerre mondiale. Combattant républicain, exilé en France, résistant, journaliste, historien, Antonio Téllez nous a offert, avant sa disparition en 2005, un bel éclairage sur un aspect méconnu de l’engagement des Espagnols en France.
Michèle Gazier
collectif de photographes
L’Espagne, d’hier et de demain
Éditions Aubanel - 160 p. - 25 euros

Plus que l’Espagne « une, grande, catholique », telle que la définissait le franquisme, le pays que l’on découvre dans ces pages est multiple, complexe et riche de toutes ses cultures. L’Espagne est là, sombre et solaire, dans la splendeur de ses paysages et de ses monuments, dans la violence de son histoire de conquête et de reconquête, dans sa ferveur religieuse. Laissons à ses créateurs d’hier et d’aujourd’hui - peintres, sculpteurs, architectes, romanciers, poètes, cinéastes, danseurs, toreros, photographes, vidéastes – le soin de nous la raconter.
Joseph Pérez
La légende noire de l’Espagne
Fayard - 249 p.-19 euros

Justifiées ou non, les mauvaises réputations ont la vie dure, et il est vrai qu’en se bornant à l’exposé des événements bruts, l’Espagne mérite plus que tout autre pays la sévérité des historiens : expulsion des Juifs en 1492 (les Français avaient fait la même chose deux siècles plus tôt) ; répression du protestantisme (où donc la Saint-Barthélemy a-t-elle eu lieu ?) ; morts troublantes dans la famille royale (Henri VIII, Elisabeth I, les rois Valois sont-ils irréprochables de ce côté-là ?) ; édification par l’épée d’un empire colonial (quid du Portugal voisin, de la France et de l’Angleterre ?), etc. L’historien français Joseph Pérez, ancien directeur de la Casa Velázquez à Madrid, redresse les erreurs de perspective : l’Espagne ne fut ni pire ni meilleure que les autres puissances européennes.
Jules Celma
El Indio
Nouvelles éditions Loubatières - 496 p. - 23 euros

Le Caudillo est à peine enterré que déjà l’Espagne franquiste se délite. Sous Franco, on n’aurait pas imaginé le chef de la police spéciale assassiné d’aussi horrible façon. Qui a pu faire ça ? Pourquoi ? Les aspirants à la vengeance ne manquent pas, les raisons de se venger non plus. El Indio a fait
régner la terreur sur cette région dès l’entrée des troupes franquistes dans la ville de Lorca. Diego Gil y Parra, journaliste idéaliste comme on n’en fait plus, n’aura de cesse de retrouver l’assassin. Sans doute pour le féliciter. Dans un paysage écrasé de chaleur, la mémoire des protagonistes s’est engourdie mais elle ne s’est pas effacée. Un roman picaresque sur fond de guerre civile espagnole et de fin du franquisme.
Esteban Martín
El pintor de sombras
Plaza & Janés - 384 p. - 19.90 euros

En Barcelona, cuando apenas falta un año para el inicio de un nuevo siglo, un joven malagueño de mirada profunda y enorme talento busca incansable una nueva manera de pintar que rompa con todos los estilos conocidos anteriormente. Sin dinero y tras haber perdido el apoyo de su familia, encontrará cobijo en un burdel situado en la calle Avinyó, donde se reencontrará con el amor de su vida. Pero, una a una, las prostitutas que lo amparaban son degolladas brutalmente.
Esteban Martín, coautor de La clave Gaudí, vuelve a sumergirnos en una trepidante intriga por las calles de una Barcelona modernista en la que se cruzarán tres de los grandes mitos de la historia: Picasso, Jack el Destripador y Sherlock Holmes.
Alan Pauls
Histoire des larmes
traduit par Vincent Raynaud
Bourgois - 128 p. - 15 €

Tandis qu’il regarde à la télévision le palais de la Moneda brûler à Santiago du Chili, le 11 septembre 1973, le narrateur de l’Histoire des larmes ne parvient pas à pleurer. Malgré son jeune âge, il compte parmi les ardents partisans de la voie latino-américaine vers le socialisme, possède une solide formation marxiste et, à Buenos Aires où il vit avec sa mère, ne manque jamais d’acheter La Cause péroniste et autres revues révolutionnaires. Que lui est-il arrivé ? Une fois adulte, cet hypersensible qui ne sait plus pleurer mène l’enquête sur son propre passé. À la fois drôle et bouleversant, un récit intimiste qui embrasse tout un pan de l’Histoire de l’Argentine et de l’Amérique latine.