» Pablo Picasso, le génie de la démesure
Par María Revilla
Le peintre andalou né à Malaga il y a 125 ans, a passé la plus grande partie de sa vie en France, à Paris, sous l’Occupation, puis dans le Midi. Il a ouvert avec fracas une ère nouvelle dans la peinture moderne. Ses « Demoiselles d’Avignon » datent de l’année 1927 et précèdent de dix ans son autre toile la plus célèbre « El Guernica ». Toujours en quête d’un nouveau chemin et d’un nouvel amour, il a eu l’illumination du rôle de l’art devant un masque du Trocadéro. L’art serait « une forme de magie qui s’interpose entre l’univers
hostile et nous. »
« À douze ans je savais dessiner comme Raphaël,
mais j’ai eu besoin de toute une vie pour apprendre à peindre
comme un enfant ». Picasso savait ce que parler et peindre
veulent dire. Il a eu plus de chance que le peintre d’Urbain
mort à 37 ans. Lui aura vécu jusqu’à 92 ans, enjambant deux
siècles et précédant le nôtre de toute l’étendue d’un génie
iconoclaste, protéiforme, qui a changé notre rapport à l’art
pictural. Il y a un avant et un après Picasso.
Cet Espagnol né à Malaga, il y a 125 ans, d’une mère andalouse et d’un père basque,
aura passé le plus clair de sa vie en France où la victoire franquiste de 1939,
l’avait exilé définitivement puisque Franco est mort deux ans après lui et qu’il
n’était pas, on le sait, dans la nature de l’artiste de consentir à des retours
en arrière fut-ce pour retrouver la terre ancestrale. Cette Espagne qu’il a quittée à l’âge
adulte il va l’emporter dans son regard d’obsidienne, un regard d’une rare acuité qui
avait le don de troubler et de séduire ses interlocuteurs…et interlocutrices.
Il n’y avait pas plus de repentir chez lui que dans sa peinture. « Aucun peintre
depuis Michel-Ange n’a à ce point stupéfié, subjugué son époque, n’a à ce point
déterminé et souvent devancé son évolution ». (André Fermigier et Hélène Seckel).
Picasso aurait pu reprendre à son compte la formule de Malraux qui venait le
voir dans son atelier de la rue des Grands-Augustins : « Peindre est le seul
moyen de continuer à vivre ».
Malraux disait lui « Ecrire est le seul… ».
