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Raíces: María Revilla

»Vertigo
Par María Revilla

« Actos son amores » Autrement dit, il n’y a pas d’amour il n’y a que des preuves d’amour. Merci donc à vous, chers lecteurs,  qui dès le premier numéro de « RAICES » nous ont fait confiance et ont choisi de nous suivre dans l’aventure sur le long terme. A notre tour joignant le geste à la parole, nous reprenons la plume pour vous conter ce pays, l’Espagne auquel nous sommes, vous et moi, attachés, par les liens du cœur et parfois du sang. Enrichis de notre commune passion pour les terres ibériques nous voilà repartis à la « visitacion », du présent, du passé et du futur proche.
Puisque telle est notre ambition : être à la fois ici en France, là bas en Espagne, et plus loin encore dans cette Amérique dont le découvreur Christophe Colomb rendait l’âme il y a cinq cent ans, à Valladolid, un 20 mai 1506, après une conquête qui « continue contre toutes les lois de Dieu et des hommes » pour reprendre la formule du grand romancier latino américain Augusto Roa Bastos. Celui qui fut vice-roi des Indes a des descendants que les généticiens interrogent pour percer le mystère de leurs origines communes. Colomb était-il ligure, portugais ou juif catalan ? C’est que chaque nation, pardi, revendique d’être la génitrice de ce marin-là. Mais l’Amérique qu’il a découverte, « notre » Amérique, celle du Sud, reste une géante assoupie. Quoique la voilà qui, contre toute attente, par delà l’holocauste de cent millions d’individus retrouve ses couleurs indiennes. C’est du cœur même du continent, de la Bolivie qui perpétue le nom de Bolivar le libérateur, dans ce pays enclavé où le Che mourut d’avoir rêvé d’y porter la révolution, oui c’est dans ce petit pays que surgit une nouvelle donne.
Pablo Picasso, lui aussi est aujourd’hui revendiqué par deux nations : l’Espagne où il est né en 1881, la France où il a vécu et où il est mort en 1973 après 92 ans d’une vie remplie de fièvre. Son  pouvoir de fascination demeure. En témoignent  le prix  que vient d’atteindre un de ses plus beaux tableaux « Dora Maar au chat » adjugé aux enchères à New York à 95, 2 millions de dollars (vertigineux non ?) et les expositions à Paris, à Toulouse, à Barcelone, à Malaga, à New York.
(...)
Si même en affaires Picasso avait l’art et la manière, c’est qu’il y a des « codes » pour traiter d’égal à égal avec les Espagnols. Apprenez donc les règles d’une bonne conduite dans un pays qui, après avoir essaimé les meilleurs de ses enfants dans le vaste monde, se retrouve aujourd’hui, comme ses riches consœurs européennes et américaines, entre obésité... et anorexie. Une première dans un pays où la faim fut endémique.

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