» Rossy, una Palma de oro
Propos recueillis par Anne Le Stang
Comédienne
révélée par Almodovar, Rossy de
Palma a plus d’une corde à son
art et en parle avec un bonheur contagieux.
Rossy de Palma allie prestance, intelligence
et fantaisie. Artiste jusqu’au bout des ongles, cette actrice emblématique
de Pedro Almodovar, inoubliable dans Femmes au bord de la crise
de nerfs et Kika, se trouvait en avril à Toulouse lors
de la rétrospective des films du cinéaste espagnol
organisée par la cinémathèque. Pour RAICES,
elle a évoqué son parcours et son métier
avec humour et simplicité.
Comment êtes-vous venue au cinéma
? Par hasard ou par vocation ?
Disons que c’est un hasard-destinée. J’ai
toujours eu l’art dans la peau. Toute petite déjà,
j’écrivais des poèmes à Palma
de Majorque, dont je suis originaire ; d’où mon
nom d’artiste. Puis je me suis lancée dans
la danse et la musique. Nous sommes partis à Madrid
avec un groupe qui s’appelait Pire Impossible. Ainsi,
le public ne pouvait pas se plaindre ! J’ai
connu l’immersion dans la movida madrilène,
une plongée dans l’underground, peuplé de
gens un peu fous. C’est là que j’ai
rencontré Pedro, qui m’a donné mon
premier rôle dans La Loi du désir. Dans ce
film, je ne jouais rien d’autre que ce que j’étais
dans la vie. Cela m’a posé d’énormes
problèmes d’être connue pour ainsi
dire pour rien.
Votre nom est souvent associé à celui d’Almodovar
et vous avez joué dans cinq de ses films. Comment
qualifieriez-vous son univers ?
Tout le monde trouve cet univers éclatant, fort,
surréel, mais pour moi, c’est un monde tellement
normal ! J’ai toujours admis le cinéma
de Pedro, ses couleurs, son sens de l’humour, comme
allant de soi. Je n’ai jamais trouvé ses films
exagérés, bien au contraire. Pedro brosse
des portraits très authentiques.
Le film de Pedro que je préfère est Qu’est-ce
que j’ai fait pour mériter ça ? Il
s’agit d’un hommage aux femmes, à leur
lutte dans le quotidien des banlieues, tourné à la
manière néo-réaliste. Avec Volver,
Pedro revient un peu à cette atmosphère ...
