» Vicente Pradal : au nom du père
Par María Revilla
La passion du flamenco et de la poésie sont au cœur de la recherche musicale de Vicente Pradal, fils du peintre Carlos Pradal. Il renoue ainsi, avec ses deux enfants : Rafaël, au piano, et Paloma pour le chant, avec le cours interrompu, pour cause de guerre civile, de l’histoire familiale.
Qui croirait à l’entendre dire ou chanter
les vers de Saint Jean de la Croix ou de Lorca, qu’il
est né à Toulouse ? Vicente Pradal
doit ses deux prénoms : Vicente et Nicolas
et son nom bien sûr à son père, le
peintre espagnol Carlos Pradal qui admirait Vincent Van Gogh
et Nicolas de Staël. Vicente lui, revendique sa double
appartenance française et espagnole. Quoiqu’aujourd’hui,
où il porte dans sa voix et sa musique les effluves
capiteuses du flamenco, il semble bien que l’Espagne
occupe désormais chez lui une position dominante.
Avant d’être l’auteur à succès
de la mise en musique des poésies mystiques de Saint
Jean de la Croix pour « La noche obscura » qui
a été couronné par l’Académie
Charles Cros, Vicente Pradal a grandi dans l’orbite
d’une famille d’artistes. Cela explique ceci.
La musique, la danse, la peinture et la poésie
ont fait partie de la respiration familiale, aussi bien
du côté paternel que du côté maternel.
« C’est sur les genoux de mon père que j’ai commencé à déchiffrer
les premiers vers de Machado, de Miguel Hernandez, les premières notes
des chansons de Brassens, Ferré, Barbara, les tangos de Carlos Gardel, à lire
les tableaux de Franz Hals, de Picasso, de Van Gogh... Mon père a été mon
premier professeur de guitare et de chant, le second étant mon oncle
maternel le guitariste Pedro Soler ».
Prédestination familiale
À cette prédestination familiale Vicente
Pradal, fils et petit-fils d’andalous d’Almería
- son grand-père Gabriel Pradal fut député socialiste
des Cortès de 1931 - a ajouté ses propres
enthousiasmes. Il a eu dès le départ une
préférence marquée pour les répertoires
de Paco Ibañez et d’Atahualpa Yupanqui, ce
grand chanteur et compositeur argentin, ami de son père,
enfin pour « La Cuadra de Sevilla » de
Salvador Tavora, découvert à Toulouse au
cours d’une soirée mémorable.
