» Teresa Imizcoz : « Je ne vous dis pas adieu »
Par María Revilla
« Je ne vous dis pas adieu, mais hasta siempre »... c’est dire à tout jamais. Ainsi Teresa Imizcoz, directrice de l’Institut Cervantès de Toulouse où elle est arrivée en janvier 2003, a-t-elle pris congé des autorités d’une ville où son Institut a accueilli pendant l’année écoulée quelques huit cent étudiants, et où elle a exercé ses fonctions avec un talent et une détermination qui lui ont valu l’estime de ses collaborateurs et amis. Voici des extraits d’un discours sans cérémonial où le coeur a su parler le langage de la sensibilité et de l’intelligence :
« Quand je suis arrivée à Toulouse, il y a presque quatre ans, je n’imaginais pas que, en plus du travail, beaucoup de travail, j’allais rencontrer des collaborateurs aussi nombreux et sympathiques, autant d’amis, une ville aussi belle que conviviale. Je ne pensais pas partir d’ici avec en mémoire autant de visages, de souvenirs attachants, avec deux enfants qui parlent français avec l’accent toulousain – un accent plus authentique que le mien-, avec autant d’amour pour cette ville et ce pays…
Je suis venue avec l’objectif de faire un travail exigeant, attrayant et passionnant : diffuser la langue et la culture du monde hispanique. Depuis le début j’ai compris que ce travail ne pouvait se réaliser de façon isolée en restant à l’intérieur de l’Instituto, mais qu’il fallait travailler en collaboration avec la ville, les agents culturels et les institutions locales, en dialogue ouvert avec la culture du pays et l’identité de la ville qui nous accueille…
Cet engouement des toulousains pour l’hispanisme les fait fréquenter beaucoup notre bibliothèque qui reçoit en moyenne 80 visites par jour. Prochainement elle sera baptisée Manuel Azaña, Président de la République au moment où a éclaté la guerre civile, fonction qu’il a exercé presque jusqu’à la fin pour finalement mourir à Montauban où il est enterré. À cette occasion nous avons constitué un fond de livres de et sur Manuel Azaña avec l’acquisition notamment des treize premières éditions de l’œuvre de Azaña.
Je vais laisser Toulouse avec beaucoup de peine parce que je me sentais très bien ici aussi ai-je la sensation que c’est Toulouse qui ne va jamais me quitter et que cette expérience inoubliable va me transformer en ambassadrice permanente de cette ville. J’ai la chance d’avoir été nommée à Bordeaux, ce qui me permet de rester en France, le plus près, que j’ai pu, de vous tous ».