» La crise de l’énergie et les alternatives en Espagne
Par Daniel Matias
La dépendance énergétique des Espagnols a atteint un record historique en 2005 avec 85,1 % de la consommation fournie par des entreprises étrangères. Une consommation en forte augmentation ces dernières années. Avec la volonté affichée par le gouvernement de sortir du nucléaire, priorité a été donnée aux énergies renouvelables propres. À l'image de l'éolien dont l'Espagne est le 3e producteur mondial. Pleins feux sur le secteur de l'énergie.
Notre vie dépend de l'énergie : l'électricité, le pétrole ou le gaz sont incontournables au quotidien. Il y a quelques mois, une grande tempête a provoqué une coupure d'électricité aux Canaries laissant une majorité de la population sans énergie. Une situation courante pour le monde rural latino-américain et, au-delà, pour un tiers de l'humanité.
Plus le développement est conséquent, plus la dépendance énergétique l'est également. Depuis la révolution industrielle, les sources énergétiques ont changé : les dérivés du pétrole remplaçant le bois et le charbon. Mais le pétrole, et en général les combustibles fossiles (non renouvelables donc), dégradent l'environnement. Au XXe siècle, l'émission de CO2 a rendu fou le climat.
Depuis des dizaines d'années, d'autres sources d'énergie se développent afin de transformer en watts la force du vent, du soleil, de l'intérieur de la terre ou de la biomasse. Cependant, les énergies renouvelables représentent uniquement 14% de la consommation mondiale. Le Brésil, un des rares pays qui n'importe pas de pétrole (des réserves récemment découvertes suffisent à couvrir sa consommation), fait exception en généralisant par exemple en milieu rural les transports publics roulants avec un mélange d'essence et d'éthanol. L'Espagne, à l'image de la plupart des membres de l'Union européenne, est dans l'obligation d'importer du pétrole et du gaz qui représentent 78% de sa consommation énergétique. Par ailleurs, Madrid figure parmi les derniers de la classe en matière de gestion environnementale - 20e sur les 29 pays les plus industrialisés de la planète. D'autant qu'entre 1990 et 2002, les Espagnols ont augmenté leurs émissions de CO2 de 38%, alors que le protocole de Kyoto avait fixé un seuil de 15%. D'où la nécessité pour l'Europe en général, et l'Espagne en particulier, de développer d'autres sources d'énergie. Sur ce plan, nos voisins connaissent les expériences les plus diverses.
L'Espagne dans le vent
Commençons notre inventaire par l'énergie éolienne, aujourd'hui très en vogue au sein de l'Union européenne. Les pionniers en la matière ont été les Danois dans les années 50. En Espagne, la production de cette énergie propre a débuté quarante ans plus tard.
Les quelque 10 000 éoliennes espagnoles produisent autant d'électricité que les six centrales nucléaires
du pays.
