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» Entre espoir et illusions : l’action extérieure de la République espagnole (1931-1939)
Par Jean-François Berdah

Si la guerre d’Espagne fut en premier lieu une guerre civile, elle a aussi été l’un des conflits les plus marquants et les plus représentatifs du 20e siècle en raison de la dimension universelle qu’elle a immédiatement acquise aux yeux de ses contemporains. Cela tient bien sûr à la médiatisation du conflit par le biais de la presse et de la radio, à la forte charge émotionnelle et affective suscitée par le martyr de la population espagnole, mais aussi et surtout au fait qu’elle devient très vite le symbole de la lutte contre le fascisme.

 

De fait, la « question espagnole » devient un enjeu majeur des relations internationales en 1936 et un sujet de préoccupation pour les grandes puissances européennes, qu’elles aient décidé de soutenir l’un des deux camps belligérants ou de s’abstenir et de défendre le principe de non-intervention. Il ne faut pas oublier pourtant que la Seconde république s’efforça dès sa naissance de promouvoir une autre image de l’Espagne, celle d’un pays conscient de sa mission historique, mais débarrassée des rêves de grandeur de la monarchie et porteuse de valeurs universelles généreuses.
Même si la politique étrangère n’intégrait pas le programme initial du gouvernement provisoire né des élections municipales d’avril 1931 et n’apparaissait guère prioritaire en regard des enjeux économiques et sociaux notamment, celle-ci n’était pas totalement absente des préoccupations des nouveaux gouvernants.
Il n’était pas question bien sûr de rejeter l’héritage politique d’Alphonse XIII et de Primo de Rivera dans sa totalité, pas plus que d’entretenir la fiction d’une continuité de principe entre les deux régimes, mais la République se devait pour le moins de corriger certaines insuffisances notoires de la diplomatie espagnole tout en conservant intacts les axiomes fondamentaux de la politique étrangère.
Ainsi la raison « éthique » qui commandait de remplacer l’essentiel du personnel diplomatique, afin de s’assurer de son « irréprochable orthodoxie républicaine », n’était pas exclusive d’un maintien de la neutralité traditionnelle de l’Espagne, ni de la sauvegarde des liens privilégiés tissés avec la France et la Grande-Bretagne sous la monarchie, à condition bien sûr que la souveraineté et les choix extérieurs de la République fussent respectés.
Malgré les difficultés internes, et parfois aussi les résistances, la République sut toutefois développer une politique étrangère dynamique par l’intermédiaire de ses ambassadeurs, de ses consuls et autres agents diplomatiques, tant dans les grandes capitales que dans l’enceinte de la Société des Nations à Genève.

 


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