» L’avenir ne s’oublie pas
Par Daniel Matias
La nouvelle année est l’occasion de souhaiter que 2007 réponde à vos attentes, à vos aspirations. Et sans doute à votre désir de croire en l’avenir. C’est tout le pari de RAÍCES que d’y contribuer.
L’avenir c’est de lutter contre le mal-logement et les constructions anarchiques qui défigurent la péninsule ibérique , à l’image des mesures annoncées par la Catalogne. C’est de combattre la prostitution - et non les prostituées - comme nous l’explique Andrés Cantarero dans son reportage. Faire découvrir - de façon raisonnée et en respectant les populations locales - l’autre Espagne, celle qui figure rarement sur les cartes postales, est aussi un engagement pour demain. L’Aragon en est un parfait exemple comme nous le devoilent Delphine Fabius et Marie Larpent. Les vieilles pierres, la nature et les légendes aragonaises sont la preuve que l’Ibère a réussi à faire de son patrimoine un atout pour durer. L’avenir on le trouve également dans ces terres latines d’Amérique où les Indiens retrouvent la voix et proposent un modus vivendi, non pas “black-blanc-beur” mais “indien-blanc-métis”. La Bolivie entre ainsi dans le 21e siècle avec son premier président aymara de l’histoire. RAÍCES se fera le relais de cette hispanité plurielle qui bouge les lignes en matière politique, économique, ou encore culturelle.
Les lignes, ce sont aussi celles écrites par l’écrivain Jordi Soler. Le petit-fils de républicain a retrouvé l’Espagne il y a quelques années et nous offre, dans ce numéro, un texte bouleversant sur la mémoire et l’exil. Sa plume vient s’ajouter à celle des intellectuels qui s’engagèrent dans la bataille de la Guerre civile et contèrent la chronique de deux Espagnes irréconciliables. Deux Espagnes mais un seul exil. Et ceux qui retrouvèrent ce pays à nouveau uni, par-delà la dimension symbolique, purent goûter à nouveau aux délices du churro ou aux compás du flamenco célébré, entre autres, par Michel Dieuzaide. Un pays dont María Revilla a su vous faire partager sa passion jusqu’à son départ le mois dernier vers d’autres horizons. Je prends son relais en vous invitant à écrire le futur - en notre compagnie - en lettres espagnoles et latino-américaines.