» J’ai besoin de l’Espagne, comme on a besoin de la mer
Propos recueillis par Delphine Fabius
Presque quinze ans après son premier
livre sur le flamenco Être flamenco, en 1992,
le photographe et réalisateur toulousain Michel Dieuzaide vient de publier pour
les Editions CAIRN, Compás flamenco, un cheminement photographique dans les
entrailles du cante jondo, avec des textes d’anecdotes flamencas du photographe
lui-même.
D’où vient une si grande afición pour l’Espagne ?
J’ai été mêlé à ce monde : mes parents étaient en relation avec les milieux intellectuels espagnols, les immigrés, certains peintres et écrivains. J’ai eu ensuite une amitié très forte avec Carlos Pradal, le peintre et père de Vicente (voir Raíces n° 3). C’est lui qui a fini de me façonner à la culture espagnole. J’ai été très vite attiré par ce pays et pris par une forte envie de le connaître au point que je me surprends à mieux connaître l’Histoire de l’Espagne que de la France, et la littérature espagnole que la littérature française, surtout la poésie !
Quelle relation maintenez-vous aujourd’hui avec le pays de Cervantes ?
Je ne peux pas me passer de ce pays, de sa langue, de sa culture. La première fois que j’y suis allé c’était dans les années 1970, j’accompagnais mon père pour des photos. Depuis je m’y rends au moins une fois tous les deux mois. Il y a comme un besoin indispensable de me replonger dans cette réalité. J’ai besoin de l’Espagne, comme il y a des gens qui ont besoin de la mer. Lors de mon dernier voyage, il y a quelques semaines, j’ai vu Carmen Linares à Jaca, dans un polidiportivo à l’extérieur du village. Voilà l’imprévu d’une rencontre avec cette grande figure féminine du chant flamenco. C’est ça aussi le flamenco.