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Chano Domínguez

» Un voyage entre deux mondes
Propos recueillis par Delphine Fabius

Pianiste de jazz et flamenco parmi les flamencos, Chano Domínguez développe son art en jouant de cette double étiquette. Partageant régulièrement la scène avec les plus grands artistes de ces deux milieux, il s’impose peu à peu comme l’un des « grands » de la sphère musicale. Rencontre avec un Gaditain d’origine.

Tout son corps frémit, « se mueve al compás ». Il a du mal à rester assis devant son piano, tant la musique l’envoûte, fait partie de lui. Finalement il se lève, sans que ses mains ne cessent de faire vibrer les touches. On sent la force de ses doigts. Comme ce sera le cas à Río Loco dans quelques jours, des centaines de regards sont posés sur lui. Pourtant il semble seul. Luttant contre son piano pour mettre en scène les mélodies qu’il imagine, tout en ne faisant qu’un avec l’instrument. Des sons à la fois durs et subtils jaillissent de la caisse, un peu comme la bailaora flamenca qui fait se succéder des taconeos puissants et d’autres légers, ou la voix de la chanteuse de jazz qui marie finesse et puissance. Au rythme de ses colombianas, tanguillos, alegrías de Cadiz ou d’autres thèmes « por bulería », Chano Dominguez est comme ça. Il fait se succéder une série de notes discrètes, avant de nous faire sortir de nos rêveries par des mélodies qui montent dans les graves et accentuent la profondeur du son.

Le public de Río Loco pourra vivre un moment particulier lors de votre concert. Il s’agira d’une avant-première de votre spectacle…
Effectivement, à Río Loco, je présenterai mon dernier projet, composé à Barcelone, où je suis arrivé il y a sept ans (1). Jusqu’à présent mes disques étaient tous acoustiques, avec du piano, des percussions, du cajón, des palmas, de la contrebasse. Jamais électriques… J’avais vraiment envie de me plonger dans ces nouvelles sonorités. J’ai donc agrandi mon quartet. Avec d’abord le saxo alto de Llibert Fortuny, qui a une musique très électrique. La guitare de Jordi Bonell fait aussi désormais partie du groupe. C’est un musicien qui a beaucoup d’expérience dans la musique d’improvisation. Marina Albero nous a aussi rejoints. C’est une jeune artiste barcelonaise qui joue du vibraphone (2). La musique est vraiment écrite pour cette formation, avec du chant, de la danse, des solos de batterie et de saxo. Ce sont à 90 % des morceaux originaux et puis un peu de musique plus traditionnelle.

 

Chano Dominguez
Vendredi 22 juin, à 21h30
Prairie des Filtres, scène Pont-Neuf

 

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